
‘‘California dreamin’!’’
Par Antoine Gresland
Durée du test : deux mois
Date de publication : novembre 2010
Prix de la version Diamond testé : 26900 €
Quatre modules de conversion Diamond (27 bits - 384 kHz)
La suite de filtres numériques Diamond 32 x MSB
Circuit d'upsampling Diamond
Alimentation séparée Diamond
Test de la version standard
Introduction
Une conception sans compromis
Mise en œuvre : de la subjectivité du jugement musical et des conditions d’écoute…
À l’écoute : je ne veux pas le rendre !
En conclusion
Spécification
Même le mélomane ou l'audiophile le plus passionné peut légitimement se poser la question de l’intérêt de mettre le prix d’une voiture dans un convertisseur… Mais après avoir apprécié les qualités du DAC IV dans sa version « standard », comment résister à l’envie de tester sa version ultime, surtout lorsqu’il est là, à portée d’oreilles !?

Le MSB DAC IV Diamond doit être considéré comme une supercar, l’aboutissement d’une démarche technique à un instant donné qui n’a d’autre justification que la performance absolue… En 2002, naissait la Ferrari Enzo : un monstre à plus de 600 000 euros, doté d’un V12 de 6 litres et 660 chevaux qui ridiculisait toute la production du constructeur sur le circuit de Fiorano. Huit ans après, la « petite » Ferrari 458 Italia fait pratiquement aussi bien au même endroit pour moins d’un tiers de cette somme, et avec 90 chevaux de moins ! Faut-il pour autant regretter que l’Enzo ait vu le jour ? C’est une question que ne se posent certainement pas les heureux propriétaires de ce glorieux carrosse, même s’il fallait des conditions exceptionnelles et un compte en banque à la profondeur abyssale pour en tirer la substantifique moelle ! D’autant qu’en s’émancipant des problèmes de coût et de rentabilité, en poussant les ingénieurs à trouver toujours plus de performances, elle n’est sans doute pas pour rien dans la capacité de la marque à proposer pratiquement les mêmes performances aujourd’hui pour beaucoup, beaucoup moins cher.
C’est donc ainsi que j’ai voulu aborder le test du Diamond : comme la chance que l’on donne à un essayeur de profiter chez lui, pendant deux mois, d’un rêve d’ingénieur et des espoirs qu’y s’y rattachent. Parce que l’on ne crée pas une telle machine en pensant à ce qu’elle va rapporter, mais bien poussé par la passion, celle des ingénieurs et celle de leurs clients !
Une conception sans compromis
Partant de la base du DAC IV dont il peut recevoir toutes les options de connexion, le Diamond est « le résultat d’un lâcher-prise total en budget d’engineering ». C’est ainsi que le constructeur présente cette machine qui a nécessité des investissements considérables, pour déterminer jusqu’où il était possible d’aller en matière de précision de fabrication d’un convertisseur. Il s’agissait aussi de déterminer si la différence serait audible ou si les autres limitations du système masqueraient l’amélioration qu’ils étaient supposés apporter. Après trois années d’études et de prototypage, il semblerait bien que le résultat ait été jugé positif !
Les convertisseurs Diamond

Le MSB Diamond utilise huit DAC 24 bits par module de conversion, pour obtenir une vraie résolution de 26 bits. Et comme il y a deux modules par canal, il délivre 27 bits de résolution chacun, soit 2 bits de plus que la version Signature, pour une précision significativement supérieure. Pour se donner une idée de la complexité de réalisation de ces petites boîtes en composants discrets, il faut savoir qu’une résistance de précision se définit par une variation de 1 % autour de sa valeur nominale. Les Diamond DAC utilisent des résistances réalisées spécifiquement pour MSB par un sous-traitant de l’aérospatial qui sont dix fois plus précises et totalement insensibles aux perturbations microphoniques (vibrations). Arrivé à ce niveau de performances, le bruit résiduel de ces DAC est magnétique par nature, plus qu’électrique, ce qui nécessite un blindage très particulier, réalisé à partir d’un alliage de nickel qui arrête cent fois mieux les champs magnétiques que l’acier. Les modules en eux-mêmes sont fabriqués dans ce matériau, que l’on retrouve aussi dans l’alimentation, sur les horloges de référence et autour du contrôle de volume. Une fois l’appareil monté, il est inséré dans le système de mesure afin de procéder à une optimisation individuelle. Chaque appareil est un peu différent, c’est pourquoi les techniciens cherchent où appliquer le blindage pour obtenir le meilleur résultat, sans tomber dans un effet néfaste provoqué par une totale absence de champ magnétique. Cette opération manuelle permet une réduction de 10 à 15 dB du bruit de fond ! D’autre part, un DAC Diamond a une impédance de sortie de 250 Ω, c’est-à-dire réduite de moitié face au DAC Signature, ce qui signifie deux fois plus de courant de sortie et deux fois moins de bruit…

Un environnement adapté
Bien entendu, il a fallu mettre le reste de l’appareil à niveau pour tirer parti de ces monstres de performances. La carte mère, le contrôle de volume et les modules de conversion sont recouverts d’un revêtement à faible diélectrique qui les rend plus résistants aux effets de l’humidité, à la contamination ionique, et réduisant significativement leur sensibilité aux vibrations. Les quatre modules de conversion sont en outre recouverts d’un radiateur en cuivre massif, relié aux ailettes du coffret de part et d’autre du châssis, afin d’égaliser rigoureusement leur température de fonctionnement.
Le Diamond DAC IV est aussi le premier convertisseur MSB à tirer totalement parti de la nouvelle méthode de synchronisation différentielle employée dans le DAC IV. Cette méthode permet un niveau de jitter plus faible encore, ainsi qu’une capacité d’échantillonnage supérieure. Un suréchantillonnage 32 bits à 384 kHz est désormais possible, grâce à l’évolution des technologies et la puissance des DSP SHARC, en parfaite adéquation avec le filtre numérique, également 32 bits, spécifiquement réalisé pour exploiter au mieux les modules Diamond.
L’alimentation a aussi été revue et voit sa puissance doublée, un blindage individuel de chaque transformateur, l’usage de diodes ultrarapides et d’un câble de liaison très sévèrement blindé.
Les atténuateurs de niveau analogique :
une vraie alternative au préamplificateur

L’appareil que j’ai testé était équipé d’un atténuateur de niveau analogique passif qui serait seul à garantir l’intégrité du signal à ce niveau de précision, tout en éliminant purement et simplement le préamplificateur de la chaîne. Avec ses quatre entrées numériques et ses deux entrées analogiques, c’est une solution qui, nous le verrons plus loin, mérite toute votre attention. Deux modules, blindés et appariés – un par canal –, constitués de résistances calibrées de haute précision permettent un contrôle du volume par pas de 1 dB, 0,5 dB ou 0,25 dB de + 9 dB à – 69 dB, la plage de +1 à + 9 dB faisant appel à du gain.
Mise en œuvre : de la subjectivité du jugement musical
et des conditions d’écoute…
Avant de vous décrire par le menu mon expérience avec le MSB DAC IV Diamond, je voudrais rappeler à quel point le jugement de l’audiophile mélomane, même habitué à la comparaison, reste subjectif face à la musique et dépendant des conditions d’écoute qui sont les siennes… Parvenir au pinacle de la reproduction sonore n’est pas chose aisée, et ce qui peut se révéler vrai pour moi, chez moi, ne sera peut-être pas aussi évident pour un autre, ailleurs… Sans oublier que nous ne cherchons pas tous la même chose, comme me le rappelle souvent mon ami ingénieur du son Philippe Teissier du Cros, dont l’oreille aiguisée fait partie de mes points de repère. S’agit-il de juger d’un instrument de travail, à la recherche de cette fameuse vérité sonore, laquelle fait référence de manière finalement assez ambiguë au terme « haute fidélité », ou de se faire plaisir, tout simplement ? La culture musicale entre beaucoup dans ce paramètre et, en évoluant, ses exigences aussi, nous entraînant parfois à des sacrifices financiers à peine avouables !
C’est pourquoi il m’apparaît important de définir le cadre dans lequel on juge un appareil à 27 000 euros, une somme qui apparaîtra pour beaucoup comme indécente, et ce, quels que soient ses performances et les efforts fournis pour lui donner naissance. Après avoir écouté le MSB DAC IV Diamond en conjonction avec plusieurs bases de lectures, plusieurs câbles numériques de tous types et plusieurs systèmes d’écoute, il m’apparaît en effet indéniable que tout s’entend sur une machine de ce niveau : la qualité et les caractéristiques de la sortie numérique qui le nourrit, le câble de liaison, sans oublier le temps, crucial, qu’on lui laisse pour se stabiliser sur les plans thermique et électrique. J’ai ainsi pu constater que même débranché quelques minutes, il faut un temps certain pour que la machine retrouve son niveau optimal : le temps nécessaire, sans doute aux convertisseurs de haute précision pour réaliser leur potentiel. On carafe bien un grand vin avant de le boire…
Dans ces conditions, il m’apparaît essentiel de parler de la partie préamplificatrice intégrée à l’appareil qui s’est révélé, chez moi, bien plus efficace que mon propre préampli pour en démontrer toutes les qualités. S’agit-il d’une question d’adaptation d’impédance, de câblage ? En tout cas, même si je suis d’habitude un fervent défenseur du préamplificateur dans la chaîne de reproduction sonore, il serait dommage de ne pas profiter de la possibilité offerte par le MSB de se passer d’un appareil sur le trajet du signal pour en saisir tout le potentiel, notamment en matière d’équilibre tonal. Les résultats d’écoute que je vous livre ici, et le jugement qui en découle, sont apportés par la connexion directe de la machine à mon amplificateur de référence Karan KAS 450, en symétrique, le MSB étant nourri par l’excellent drive CEC TL1 N Van Medevoort. En attendant de pouvoir l’écouter avec le drive maison que nous a concocté l’équipe d’ingénieurs du constructeur californien…
Vers l'écoute
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