
Par Antoine Gresland
Prix conseillé : 1290 euros
Durée du test : 5 jours
Date de publication : janvier 2010
Peachtree, l’arbre à pêche… C’est y pas mignon ça ?
Mais oui, il est franchement craquant ! Et cela dénote un esprit décalé, une conception de la hi-fi un peu plus fantasque et joueuse que ce à quoi nous sommes trop souvent habitués. D’ailleurs, tous ceux qui sont passés chez moi pendant le week-end prolongé de cette fin d'année sont tombés sous le charme de ses formes rondes et de sa petite bouille sortie tout droit des seventies.
Pourtant, ne vous y trompez pas : sous le capot en bois (disponible en bois de rose, merisier ou en noir laqué, comme l’exemplaire que j’ai eu entre les mains) de ce petit amplificateur, se cache un appareil vraiment étonnant qui risque de faire bien des adeptes dans les mois qui viennent !
Une conception sophistiquée tournée vers le futur
Résolument dans son temps, le Nova intègre ainsi, en marge de ses trois entrées analogiques sur fiches RCA, un convertisseur N/A doté de deux entrées coaxiales, deux optiques, et une entrée USB susceptible de recevoir et de lire non seulement du WAVE (c'est-à-dire un signal non compressé, tel que celui d’un CD), mais aussi du MP3, de l’AIFF et même du FLAC en provenance de votre ordinateur. Énorme ! Ce convertisseur 24 bits – 96 kHz ESS Technology 9006, de type Sabre, se voit secondé d’une sortie en classe A qui confie le signal analogique à une partie préamplificatrice axée sur un tube double triode 6922. Cette conception pour le moins originale se complète d’une sortie ligne et d’une sortie préamplificatrice à destination d’un bloc de puissance externe. La façade propose même une sortie casque au format jack 6,35 mm qui dispose de son propre circuit d’amplification, malheureusement trop rare aujourd’hui. Bien vu !
Et ce n’est pas tout : à l’arrière du Nova, une petite trappe donne accès à un compartiment supplémentaire, dans lequel on pourra insérer un module de transmission sans fil (optionnel) Sonos ZP80 ou ZP90, pour diffuser de la musique dans toute la maison. Génial !
Et l’amplification dans tout ça ? Elle repose sur deux circuits MOS FET TDA 7293 de chez ST Microelectronics. Des boîtiers monolithiques qui s’occupent de tout, y compris de la protection, tout en délivrant de bonne grâce une cinquantaine de watts sous huit ohms. Pour le compléter, Peachtree a même mis au point un circuit de contre-réaction sophistiqué, afin d’offrir un excellent facteur d’amortissement et un minimum de distorsion.

L’intérieur du Peachtree Nova révèle une conception aérée, mélangeant composants de surface (CMS) et discrets, autour d’une sérieuse alimentation équipée d’un transformateur torique de bonne valeur. La finition, sans être exceptionnelle, inspire confiance et la petite télécommande autorise toutes les fonctions principales depuis son canapé. (cliquez pour agrandir)

La face arrière du Nova offre la possibilité de transformer l’une des entrées ligne en entrée « processeur », afin de passer outre l’étage de préamplification, facilitant son intégration au cœur d’un système home cinéma. À côté des entrées numériques, un petit commutateur permet également de choisir entre deux filtrages numériques pour adoucir plus ou moins la restitution. Seul bémol : la position haute des borniers haut-parleurs dont les fils recouvrent les entrées, une fois branchés.(cliquez pour agrandir)
Écoute : numérique ou analogique : un vrai mélomane !
Au premier abord, on pourrait presque prendre le Nova pour un jouet tellement il est craquant. La technologie employée et ses nombreuses possibilités en font un très sérieux concurrent dans sa catégorie, et même au-delà !
Dans un premier temps, j’ai voulu savoir ce que valait son convertisseur, en le reliant en coaxial à la sortie numérique intégrée d’un lecteur de CD. Le résultat a dépassé toutes mes espérances ! Sur le disque de Stacey Kent, The Boy Next Door, le Nova révèle toute la douceur et la suavité de la voix de la chanteuse, et même une sensation de présence à laquelle il est difficile d’accéder à travers le lecteur intégré. Ce convertisseur m’épate encore par la définition et la dynamique subjective qu’il est capable d’imprimer au petit ensemble qui l’accompagne. Dans ce contexte, la partie préamplificatrice fait aussi des merveilles pour restituer l’ambiance chaleureuse que l’on a souhaité donner à l’album. En conjonction avec le bon contrôle du grave procuré par la partie amplificatrice, la musique coule à flot en rebondissant avec une joie de vivre communicative.
Poussé par l’envie d’examiner ses qualités de transparence, je n’ai bien entendu pas tardé à connecter ma source de référence sur l’une de ses entrées analogiques. Le résultat a surpassé de loin mes attentes et il n’est pas faux de dire que je suis resté sur mon postérieur en découvrant sur le dernier disque de Sting, If on a Winter’s Night..., la qualité des timbres et la sensation de présence affichée par le Peachtree, sans oublier cette image sonore qui s’étale en trois dimensions avec un naturel convaincant. Sur mes petites ProAc Response D 2, le Nova démontre un équilibre chaleureux, mais pas caricatural, pour délivrer beaucoup de musique en toute décontraction. On est dans la délicatesse et toujours dans cette approche fluide qui, sans limiter la bande passante, évite l’écueil de l’hyper définition fatigante dans le haut du spectre. Les instruments très divers qui sont utilisés sur cet album apparaissent chacun avec leur grain propre et une notion d’espace qui donnent beaucoup de relief à la scène sonore.
Le disque de duo de Yom, Unue, qui repose sur la clarinette de l’artiste, est l’occasion de révéler toutes les qualités de ce petit intégré. Avec son convertisseur ESS Sabre et sa section préamplificatrice dopé au tube triode, il me gratifie d’une douceur et d’une qualité de timbres vraiment étonnante. Sur le deuxième morceau du disque « Apparition », la guimbarde électroniquement modifiée de Wang Li fait littéralement irruption dans l’espace stéréophonique. Les nuances et le sens du rythme, donné par une excellente gestion de la micro-dynamique, en font un compagnon musical vraiment convaincant ! À ce propos, le filtre numérique paramétrable (sharp ou slow) par l’intermédiaire d’un petit commutateur à l’arrière de l’appareil donne dans la subtile différence. La première position privilégie la précision et la deuxième la douceur, mais il faut vraiment tendre l’oreille pour apprécier cette nuance dans la plupart des cas.
 Pour en savoir plus en matière de dynamique, je confronte le Peachtree à l’un de mes albums préférés de Prince : The Rainbow Children, stocké sur mon disque dur en FLAC. L’un des rares disques du Kid de Minneapolis chargé en grave. Une fois de plus, le résultat est convaincant ! Ça swing avec une indéniable bonne volonté et je tombe sous le charme d’un bas du spectre à la fois dessiné et tendu, même s’il ne peut, bien évidemment, pas rivaliser en extension avec celui de mon système de référence, beaucoup plus élaboré. Pour autant, le Nova n’est pas une bête de puissance et il est certain qu’il privilégie d’abord la qualité des timbres et la fluidité, qui sont remarquables sur un intégré de cette catégorie, surtout si l’on prend en compte l’utilisation de son convertisseur N/A intégré. Articulé et cohérent, le Nova s’en donne à cœur joie sur « The Work, pt.1 » pour restituer ce groove typiquement « jamesbrownien » qui donne envie de danser ! Une écoute qui mêle avec bonheur un espace sonore dense et convaincant, sans la moindre trace d’agressivité, même à fort niveau. Évidemment, le Peachtree ne remplacera pas un ensemble préampli-ampli de haut de gamme, notamment en matière de bande passante et de tenue en puissance, mais s’avèrera à son aise sur des enceintes de rendement proche de 90 dB auxquelles il saura communiquer toute sa verve et des qualités musicales enthousiasmantes ! Compte tenu de la qualité remarquable de son convertisseur ESS Sabre, on pourra aussi décider de l’associer à un bloc de puissance externe, tout en profitant de sa capacité à recevoir un module Sonos, pour se constituer un serveur audiophile performant et polyvalent, grâce à ses entrées lignes, pour un prix finalement très raisonnable, si on le compare à certains de ses concurrents.
J’allais presque oublier la dernière pêche de cet arbre décidément très prolifique : la sortie casque franchement réussie, puisqu’elle profite de la triode de la section préamplificatrice pour ajouter un soupçon de brillance et de matière au signal.
En conclusion :
Voilà un appareil qui risque de faire date, tant il combine ses qualités techniques et musicales à un prix réaliste ! Ce n’est pas tous les jours que l’on voit arriver un tel phénomène dans le monde de la hi-fi abordable. Petit et mignon, facile à utiliser, polyvalent avec son convertisseur de course, qui interprète aussi les fichiers en provenance d’un ordinateur ; musical et fluide, grâce à une section préamplificatrice réussie, et même étonnement dynamique, compte tenu de sa puissance relativement modeste, le Peachtree Nova fait le carton plein d’émotion et de plaisir d’écoute sur toutes les sources que vous lui connecterez. Si vous souhaitez aller plus loin, il reste la possibilité de le connecter à un bloc de puissance externe ou à un module Sonos pour profiter de sa polyvalence dans toute la maison. Une réussite !
Système d'écoute :
Sources : lecteur CD Rotel RCD-1520, drive C.E.C TL51X Van Medevoort, enregistreur Nagra VI (utilisé en tant que convertisseur N/A), lecteur réseau Linn Akurate DS ; amplificateurs intégrés : Rotel RA-1520 ; amplificateur de puissance : Linn AV5105 ; enceintes : ProAc Response 'D' Two, Linn Katan, Maurdaunt-Short Mezzo 2 ; câbles de modulation : Linn, QED, Monster Cable ; câble numérique : Audioquest RF-X câbles HP : Linn K400, QED Original. |
Fiche technique :
Origine : Etats Unis
Dimensions : 127 x 381 x 356 cm
Poids : 13,5 kg
Puissance : 2 x 80 W/6 Ω avec 1 % de THD
Réponse en fréquence : 5 Hz – 100 kHz (+ 0 dB, - 3 dB)
Convertisseur intégré : ESS Sabre 24 bits/96 kHz
Compatibilité : MP3, MP4, FLAC, AIFF, WAV, Apple Lossless…
Entrées numérique : 2 coaxiales, 2 optiques, 1 USB
Entrées analogiques : 3 asymétriques RCA
Sorties analogiques : 1 fixe et une variable (pré)
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