Les principaux risques routiers à connaître pour mieux les éviter

39 %. Ce chiffre ne figure pas au panthéon des statistiques qui font la une, mais il pèse lourd dans le paysage du travail : près de quatre accidents corporels sur dix sont liés à la route, et, trop souvent, au travail. Le danger ne surgit pas toujours où on l’attend. Qu’on soit derrière un volant, juché sur un vélo ou simplement à pied, l’accident professionnel peut frapper sans prévenir. Les chiffres sont clairs : le risque routier professionnel n’est pas une abstraction. Il façonne la réalité quotidienne de milliers de travailleurs. Face à cette menace, la prévention n’est plus un luxe, c’est une nécessité. Kits de sécurité, formations, campagnes de sensibilisation : tout compte pour transformer la route en alliée et non en ennemie.

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Qu’est-ce que le risque routier professionnel ?

Le risque professionnel sur la route se glisse dans le parcours de milliers d’employés, sans distinction de secteur. Il s’agit de tout accident survenu lors d’un trajet professionnel : qu’il s’agisse de se rendre au bureau, de passer d’un site à l’autre, d’aller déjeuner ou de revenir chez soi après une journée de travail. À première vue, les statistiques semblent relativiser l’ampleur du phénomène : en 2020, seuls 10 % des accidents du travail en France étaient liés à la circulation. Mais la gravité, elle, ne fait pas de compromis : 40 % des décès sur le lieu de travail trouvent leur origine sur la route. Ce constat révèle un danger sournois, souvent sous-estimé.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2020, 482 personnes ont perdu la vie à la suite d’un accident routier professionnel. Parmi elles, 335 lors d’un trajet (domicile-travail, repas, etc.), contre 147 en mission. L’accident de trajet, loin d’être anecdotique, s’impose comme le principal fléau mortel sur la route du travail.

Les différents risques professionnels de la route

Le danger routier au travail ne fait pas de distinction : piétons, automobilistes, deux-roues, utilisateurs d’EDPM (engins de déplacement personnel motorisés)… tous partagent ce terrain miné. Au-delà des dégâts matériels, les conséquences peuvent être physiques, parfois lourdes et durables. La victime, elle, ne porte pas seulement les traces visibles d’un accident : l’impact psychologique et social s’invite souvent dans la foulée.

Pour mieux cerner les situations à risque, voici les circonstances où un accident peut survenir :

  • Déplacements liés au travail : trajet domicile-bureau, rendez-vous professionnels, pause déjeuner… chaque sortie est concernée.
  • Véhicule mal entretenu : pneus usés, freins défaillants ou éclairage défectueux ; un simple oubli devient un facteur aggravant.
  • Prise de risque au volant : stress, pression du temps, fatigue… autant de déclencheurs qui transforment une simple course en potentiel drame.

Les conséquences des accidents de la circulation professionnelle

Un accident de la circulation professionnel bouleverse bien plus qu’un planning. Chaque année, ces accidents provoquent 4,3 millions de journées d’arrêt maladie. Pour visualiser l’ampleur : c’est comme si plus de 16 700 salariés étaient absents toute une année. L’entreprise, elle, encaisse le choc, mais l’humain n’est pas épargné : stress, perte de confiance, difficultés à reprendre le volant… L’impact psychologique ne se compte pas en jours, il s’installe parfois durablement.

Autre donnée révélatrice : le nombre moyen de jours d’arrêt suite à un accident du travail s’élève à 70. Pour les accidents liés à la circulation, ce chiffre grimpe à 79. Plus de temps pour se remettre, moins de présence au travail : l’addition est salée, pour l’individu comme pour la collectivité.

Prévention des risques professionnels sur les routes

Dans de nombreuses TPE et PME, le risque professionnel lié à la route est souvent relégué au second plan. Pourtant, il suffit de quelques questions pour en prendre la mesure : pourquoi ces déplacements ? Quand sont-ils effectués ? Dans quelles conditions ? C’est en y répondant que l’on pose les bases d’une vraie politique de prévention. Plusieurs leviers existent pour réduire les risques :

  • Organisez la communication : privilégiez les échanges en dehors des périodes de conduite. Prévoyez des créneaux précis pour contacter les conducteurs.
  • Insistez sur les dangers du téléphone au volant. Même à l’arrêt, sur la route, l’utilisation du mobile reste à proscrire.
  • Planifiez correctement les trajets : allouez le temps nécessaire, refusez la course contre la montre. Adapter le mode de transport au contexte peut aussi faire la différence.
  • L’entretien du véhicule n’est pas négociable. Si l’entreprise fournit la voiture, c’est à elle de garantir un état irréprochable. Pour ne rien laisser au hasard, consultez quel kit de sécurité automobile privilégier.
  • Investissez dans la formation : initier chaque collaborateur aux dangers professionnels de la route permet d’identifier et de corriger les mauvaises habitudes. Un climat de confiance, une tolérance face aux retards, la possibilité de télétravailler… autant de mesures pour limiter la pression inutile.
  • Encouragez l’usage des transports collectifs. La voiture n’est pas toujours la seule option, et diversifier les modes de déplacement réduit le risque global.

Les chiffres de l’IFOP, en 2020, dressent un constat sans appel : 78 % des dirigeants de PME ignorent que le risque routier est la première cause de mortalité professionnelle. Seules 19 % des petites entreprises ont déjà mis en place des actions de prévention contre les risques professionnels sur la route. Pourtant, les solutions existent, et chaque employeur a la possibilité d’agir pour inverser la tendance. Prendre la route du travail ne devrait jamais être un pari. La vigilance, elle, n’a pas de prix.

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