Électrification des flottes : quels sont les défis auxquels sont confrontées les agences de location de voiture ?

L’intégration des véhicules électriques dans les flottes présente de nombreux avantages aux agences de location. En effet, elles bénéficient de coûts opérationnels réduits, d’une exonération sur les taxes, renvoient une image écoresponsable et attirent plus de clients. Ce qui est tout à fait normal, car ces derniers font des économies. Cependant, passer à l’électrique n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a de nombreux défis auxquels sont confrontées les agences de location. Lesquels ?

Le gouffre financier de l’infrastructure de recharge

La gestion flotte véhicules électriques est soumise à des contraintes financières considérables. Elles ne sont pas uniquement liées à l’achat des voitures. Il faut également prévoir les infrastructures nécessaires à leur recharge, ce qui représente un investissement considérable. En effet, équiper un parc de stationnement de bornes de recharge semi-rapides ou rapides a un coût non négligeable. Il faut prévoir de l’argent pour l’achat du matériel, pour le raccordement et pour les travaux de génie civil.

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Il faut également souligner que les locaux des agences classiques ne sont pas dimensionnés pour supporter la charge simultanée de 10 ou 20 véhicules. Les agences doivent donc souscrire à des abonnements électriques coûteux et installer des systèmes de gestion intelligente de l’énergie pour éviter de saturer leur réseau local.

​Le casse-tête de la rotation de la flotte

​Le modèle de rentabilité d’une agence de location de courte durée repose sur un principe simple. Entre deux contrats, un véhicule doit passer le moins de temps possible sur le parking. L’électrique vient perturber ce flux tendu, car il y a allongement des temps d’immobilisation. En effet, le nettoyage et le plein de carburant d’une voiture thermique prennent moins de 15 minutes. Or, pour une voiture électrique, il faut prévoir plus de temps pour récupérer une autonomie décente. Pendant ce temps, la voiture ne rapporte rien.

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Il faut aussi souligner le problème logistique du retour vide. Les agences imposent traditionnellement la règle du réservoir plein au retour. Avec l’électrique, demander à un client de restituer le véhicule à 100 % rechargé est difficile, étant donné que les bornes de recharge ne courent pas les rues. L’agence est donc souvent obligée d’accepter des retours avec un niveau de charge de 40 % ou 50 %. Elle prend donc à sa charge le temps et le coût de la recharge complète avant la location suivante.

​Des réparations plus contraignantes

​La gestion des dommages et des réparations représente un autre investissement considérable pour les agences de location. À cet effet, il faut souligner que les véhicules électriques modifient radicalement les procédures d’atelier. Les ​réparations sont plus longues et coûtent plus cher. En cas de choc touchant le dessous du véhicule (là où se trouvent les batteries), les protocoles de sécurité imposent des expertises lourdes et coûteuses. Ils sont nécessaires pour s’assurer que les batteries ne sont pas endommagées.

​Il faut aussi souligner la dépendance aux réseaux agréés. Une agence ne peut pas envoyer une voiture électrique accidentée chez n’importe quel carrossier indépendant. Le véhicule doit être pris en charge par des ateliers spécialisés en haute tension. En dehors des coûts, ces contraintes allongent considérablement les délais d’immobilisation.

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