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Ahmad Jamal - A Quiet Time


Par Antoine Gresland




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Il ne faut jamais passer à côté d’un album d’Ahmad Jamal, car on risquerait de manquer un chef-d’œuvre ! C’est pourtant ce qui a failli m’arriver avec A Quiet Time, une nouvelle perle sortie fin 2009 qui démontre, une fois encore, que ce pianiste fait partie des très grands du jazz. Mais à 79 ans, où va-t-il chercher toute cette énergie, cette sûreté du trait, cette élégance rythmique qui ne tombe jamais dans la facilité tout en restant d’une rare accessibilité ? Ahmad, c’est aussi une qualité de silence, une manière de ponctuer ses phrases de respirations parfois imperceptibles, et un phrasé qui laisse s’exprimer les timbres du piano à travers une gestion de la dynamique magistrale.

À ses côtés, au-delà de la ligne de basse de James Cammack et du jeu inspiré de Kenny Washington à la batterie, on appréciera tout particulièrement l’illustration inventive du percussionniste Manolo Badrena qui apporte une vraie poésie et une légèreté rafraîchissante à l’ensemble de l’album. Au milieu des neuf compositions originales du maître, qui alternent les moments de swing et un lyrisme tout en nuance, on remarquera aussi une très belle reprise de « Hi Fly » de Randy Weston et un standard de la ballade : « I Hear a Rhapsody » qui clôt l’album dans une dernière pirouette emmenée par un trio + 1 qui joue comme un seul homme !

Un très beau moment de jazz à consommer sans modération …




La musique : ******



Un peu de technique :

C’est la première fois depuis longtemps qu’Ahmad Jamal n’enregistre pas en France, mais à New York, au studio Systems II de Brooklyn, recommandé par Kenny Washington. Le résultat est d’une rare sobriété, même si la présence épisodique d’une main du pianiste sur chaque enceinte peut surprendre. On ne peut donc pas à proprement parler d’un enregistrement « naturel » et j’aurais personnellement apprécié un peu plus de définition, justement, sur la basse de Kenny Washington. Néanmoins la dynamique du piano est agréablement reproduite et la mise en espace des percussions et de la batterie est assez réussie. L’ensemble s’écoute avec autant de bonheur sur un petit que sur un gros système.



Le son : ****



Ahmad Jamal
A Quiet Time
Chez Dreyfus jazz




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