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Bojan Z en mixage chez Philippe Teissier du Cros


Cinq jours pour donner naissance à un album


Par Antoine Gresland






Lieu : studio Boxson à Paris, du 15 au 19 décembre 2008


Ingénieur du son : Philippe Teissier du Cros


Nous avions laissé Bojan Z le 3 avril 2008, à la sortie d’une séance d’enregistrement de trois jours, au studio de Meudon, où il avait réuni son nouveau groupe, le Tetraband, pour donner naissance à un album qui ne portait pas encore de nom.

Depuis, j’ai eu l’opportunité d’écouter les mises à plat, c’est-à-dire la sommation stéréo des pistes enregistrées à Meudon, qui promettait déjà beaucoup, mais je sais que Bojan a travaillé de son côté, tant au niveau de l’édition des pistes (montage) qu’aux ajouts et modifications qu’ils souhaitent apporter à certains morceaux. C’est donc avec une vraie curiosité que je me rends le 15 décembre 2008 au studio Boxson de Philippe Teissier du Cros, pour assister à la première des cinq journées de mixage prévues pour donner sa forme définitive à l’album.



Lundi 15 décembre, premier jour


J’arrive au studio avant Bojan Z, Philippe est debout depuis l’aube, comme à son habitude, pour préparer la séance de travail. Le studio caché sous les toits est une vraie caverne l’Ali Baba pour un ingénieur du son ; surtout depuis qu’elle abrite une nouvelle console de mixage SSL C200, le top de ce qui se fait aujourd’hui en la matière.


L’objet en lui-même attire comme un aimant, un rêve de passionné, avec ses grands écrans LCD et ses potentiomètres éclairés de jaune, de vert et de bleu. Un vrai cockpit d’Airbus qui mélange les traditionnels potentiomètres analogiques aux fonctions évoluées d’un ordinateur muni de puissants DSP. Autour de la console, encore des machines, certaines à tubes, d’autres comme la reverb Lexicon 960, dotée d’une télécommande, qui ressemble elle-même à une petite table de mixage.


À la place du maître, comme si vous y étiez ! À gauche, derrière les ProAc Reference 8, on aperçoit l'un des deux caissons de grave des écoutes principales, juste à côté de la tête médium-aigu de ces dernières.


La pièce contient aussi trois systèmes de monitoring, une petite écoute, des ProAc Reference 8 Signature, une moyenne, à base d’une paire de Studio 100 du même constructeur, et les grandes écoutes constituées par une paire d’enceintes actives « maison » élaborées à partir d’un tweeter Scanspeak, du fameux médium à dôme ATC, et d’un 30 cm par canal de la même marque, logé dans deux caissons à part. Un canapé adossé à la console permet encore aux visiteurs de se poser pour écouter.


Philippe travaille assis très bas, sur une sorte de miniclub à roulettes, les oreilles bien dégagées de la console, et ses outils à portée de main. Derrière lui, une deuxième petite pièce, peut encore servir de cabine d’enregistrement et de petit auditorium pour écouter
tranquillement, sur une paire de Response 1 SC, associée dans le grave à un caisson Blueroom (aujourd’hui Scandyna).


C’est là que va s’installer Bojan avec son ordinateur. En arrivant, il a l’air heureux de voir enfin se concrétiser l’album qu’il a dans la tête depuis presque un an maintenant. Autour d’un café, il me parle pourtant des problèmes qu’il rencontre pour trouver un éditeur à son disque depuis la fermeture de Label Bleu. Quand on pense que son précédent album, Xenophonia a été Victoire du jazz 2007, on mesure mieux la situation difficile dans laquelle se trouve aujourd’ hui le monde de l’édition musicale.

Bojan est arrivé avec un disque dur qui contient les pistes qu’il a éditées pour mettre en forme chaque morceau en reprenant le meilleur des enregistrements de Meudon. Il a réécouté toutes les prises, choisi les meilleurs, coupé, et même, dans un certain nombre de cas, fait des re-re (des prises supplémentaires) avec ses Fender Rhodes, sans compter ceux du trombone de Josh Roseman qui doivent nous parvenir via Internet dans les heures qui suivent.


Philippe a transféré les pistes sur sa propre machine, organisé sa console pour indiquer les différents instruments sous les faders (potentiomètre linéaire de niveau individuel) et préparer le setup de base. Il explique : « Le mixage, c’est, entre autre, la gestion de la dynamique et de la couleur des instruments. Le but est d’aller un peu plus loin que la photo de l’événement, le 6 x 6 ou le Polaroid que représente l’enregistrement. C’est de faire en sorte que cela devienne un élément organique où les choses se répondent dans des dynamiques cohérentes. Souvent, pour travailler la matière globale d’un titre, on crée des sous-groupes, des sous-ensembles, par exemple la batterie et la basse. Un forte pour un batteur n’est pas un forte pour un contrebassiste. Évidemment, avec une basse électrique, les choses sont plus simples, grâce à l’amplification. Dans tous les cas de figure, il faut respecter l’équilibre entre ces deux instruments qui représentent la base rythmique du morceau, tout en cherchant à les intégrer à l’ensemble.»


Il commence donc par là, retouchant séparément aux instruments avant de les intégrer dans le tout pour vérifier qu’il n’y a pas de problèmes fréquentiels. Régulièrement, il revient aussi à la mise à plat qu’il a gravée sur un CD : « Elle passait déjà très bien, c’est important de vérifier que l’on n’en fait pas trop. Tu peux passer beaucoup de temps à travailler une batterie ou une contrebasse pour qu’elle sonne super mais en écoutant la mise à plat, tu t’aperçois que même si l’instrument individuellement sonne moins bien, ça fonctionne mieux globalement. Il est très important de faire la part des choses entre l’instrument en lui-même et son rôle dans la musique que l’on mixe; ne jamais perdre de vue l’intention de jeu du musicien au moment de l’enregistrement. »




Le premier morceau prend doucement forme sous ses doigts experts qui jouent sur les potentiomètres de la console, le clavier de commande de Pyramix, le logiciel qui gère les pistes, et les machines disséminées autour de lui. Bojan vient régulièrement s’assoir à côté de lui ou sur le canapé devant la console, donne des idées, formule des commentaires et la première journée se termine alors que seulement un morceau semble vraiment terminé.



Deuxième jour


Le premier morceau de la journée s’appelle « Natural Ground ». Philippe a déjà longuement travaillé dessus la veille lorsque nous sommes partis Bojan et moi. Nous l’écoutons tous ensemble sur le gros système de Philippe, constitué d’une paire de ProAc Response 4, pour se rendre compte du potentiel de l’œuvre. Bojan fait une remarque sur un niveau relatif du piano, avant et après montage (plusieurs prises ont été utilisées pour réaliser le titre) ; une nuance qu’il est sans doute seul à entendre, en tant qu’interprète de l’instrument mais qui suffit à faire une différence sensible au final. Philippe a aussi décidé de revoir un ou deux points d’entrée du trombone et de la batterie, pour faire totalement disparaître toute trace de montage.



Nous attendons toujours les fichiers en provenance de New York du trombone de Josh Roseman. Bojan essaye vainement de les récupérer sur un serveur de stockage de fichiers téléchargeables. Ce sera le feuilleton de cette semaine : arriveront-ils un jour ? Vive Internet !


En attendant, le titre qui doit commencer l’album, « groove terrible », notamment grâce à la dynamique insufflée par Seb Rochford, le batteur britannique à la touffe moussue. Cette faculté à nuancer ses frappes sur une très grande amplitude convient bien au jeu contrasté de
Bojan au piano, mais a nécessité une prise de son physiquement séparée des deux instruments (joués simultanément, cf l’enregistrement du disque) pour pouvoir justement gérer la dynamique relative de chacun au mixage et permettre le montage.


Philippe utilise certains appareils analogiques, égaliseurs et compresseurs pour apporter une couleur tonale spécifique à son mixe. Mais ne vous y trompez pas, le mixage, c’est un peu comme la gastronomie : il ne suffit pas d’avoir une belle cuisinière à gaz et des casseroles en cuivre pour savoir s’en servir… Pour choisir et associer les ingrédients qui feront monter la sauce, il faut d’abord un grand chef !


Philippe explique : « sur certains morceaux, Bojan a une vision totalement irréelle de la batterie : il veut pouvoir jouer faiblement des phrases au piano qui devront être plus forte que la batterie sur le morceau fini. Il s’agit ici de respecter avant tout la balance musicale voulue par le musicien. Dans ces conditions, on est plus proche de la production d’un disque pop que de la vision traditionnelle que l’on a de l’enregistrement d’un disque de jazz. D’une manière plus générale, la vision audiophile de l’enregistrement (prise de son à deux micros, instruments captés simultanément dans le même local…) est totalement incompatible avec l’évolution suivie par la musique depuis les années 50. Les musiciens composent différemment avec les moyens techniques que l’on a aujourd’hui et si l’on avait respecté les préceptes audiophiles au pied de la lettre, « Sergent Peppers » des Beatles n’aurait jamais vue le jour, sans même parler de Radiohead ! ».



Sur le morceau suivant, « Greedy », Philippe commence par égaliser le trombone, pour lui donner un peu de volume et faire de la place autour de lui pour qu’on l’entende. Il change régulièrement d’écoute en alternant ses grandes écoutes et les plus petites Studio 100, la console SSL jouant le rôle de préampli grâce à une interface qui permet de passer d’un geste d’un circuit de monitoring à l’autre. « Les deux enceintes ne me racontent pas la même chose, notamment dans le bas du spectre, et c’est très important de vérifier que le morceau passe sur plusieurs styles d’écoute, en particulier dans le grave. C’est aussi important de gérer la largeur spectrale et la dynamique de chaque instrument. C’est ce qu’il y a de plus délicat sur un morceau comme celui-là. Il faut faire de la place pour chacun dans le mix. Déterminer dans quelle zone fréquentielle va être le côté physique, méchant, le côté « agresse » pour ramener un grain, une présence. Je pense que la musique doit pouvoir être écoutée sur des petits systèmes. Souvent, les mélomanes n’ont qu’une petite chaîne pour écouter leurs disques, et ça ne les empêchent pas de très bien entendre ce qui se passe et de participer, au même titre que les audiophiles, à l’économie de la musique. »


Le troisième morceau, « Third Day » met en exergue la basse de Ruth Goller, soutenue par la frappe énergique de Seb Rochford pendant que Bojan Z s’exprime avec ses Rhodes. Dans ce train qui avance à vitesse soutenue, il y a bien quelques irrégularités que Bojan commente : « j’ai été tenté au moment du montage de tout remettre droit, mais c’est une erreur à ne pas commettre : Il faut laisser la musique vivre et bouger, ne pas la figer dans une fausse idée de perfection qui va gâcher une partie de la spontanéité du morceau. C’est particulièrement vrai sur celui-ci qui groove naturellement et que nous avons enregistré quasiment en une seule prise. »



Philippe me parle de la compression : « Au niveau du mixage, la compression est essentielle pour gérer la dynamique, en la canalisant. Il faut faire en sorte que la musique soit écoutable à bas comme à fort niveau, sur un petit système comme sur un gros. Évidemment, dans certains cas, cela veut dire faire des concessions, mais c’est indispensable pour que le disque soit écoutable sur le plus grand nombre de médias. Mais la compression est aussi un outil formidable pour donner, au contraire, une impression de dynamique et gérer les éléments rapides dans le haut du spectre et les notions d’impact et de longueur du son qui sont données par le grave. Pour cela, on utilise plusieurs étages de compression. On va, par exemple, d’abord compresser la grosse caisse ou la caisse claire, en fonction du jeu du batteur, puis de l’ensemble de la batterie. »


Les trois morceaux réalisés aujourd’hui sont particulièrement dynamiques et Bojan me dit qu’il va falloir les espacer pour que cela ne fasse pas trop compact. Je lui parle de la question de l’ordre des titres sur le disque. « C’est sûr, c’est un élément très important. Ça peut complètement changer la perception que l’on va avoir de l’album. En général, on s’en occupe plutôt à la fin, quand on a pu vivre avec l’ensemble. Mais j’ai déjà mon idée précise sur la question. »



Troisième jour


Bojan est arrivé un peu angoissé ce matin. La différence entre la copie de travail que lui a gravé Philippe la veille et la mise à plat est tellement importante que Bojan ne retrouve pas ses petits, notamment en ce qui concerne le trombone. Il est revenu avec le prémix qu’il avait fait chez lui sur son logiciel Protools. Josh a un son très « roots » que Bojan veut bien
évidemment garder. Le premier mix de Philippe lui apparaît trop « propre » à son goût pour « Greedy », qui doit être l'expression de cette « rootsitude ».

Bojan cherche l’efficacité en restant le plus proche possible du son de trombone de Josh. De son côté, Philippe essaye d’abord d’obtenir quelque chose de cohérent dans son ensemble en laissant la place à chaque instrument. La discussion est vive entre Bojan et Philippe. L’ingénieur du son, attentif, cherche à comprendre précisément ce que veut le musicien. L’échange entre les deux hommes est soutenu par la comparaison des deux fichiers. Celui qui vient de chez Bojan, imparfait à bien des égards, et celui qu’est en train d’élaborer Philippe. Ce dernier laisse sa place derrière la console à Bojan pour qu’il ait une idée précise de ce qu’il entend.


Toujours sur le trombone, il faut gérer les problèmes de phase entre les deux micros, compte tenu du fait qu’il y a plusieurs prises mises bout à bout pour constituer la trame du morceau. Quelque chose a changé entre les deux prises, probablement au niveau du micro dynamique. Philippe décide finalement de ne garder que le micro à ruban. Il effectue ensuite une égalisation pour retrouver la cohérence entre la première et la deuxième partie. L’exercice est difficile pour l’ingénieur du son. Il faut comprendre l’intention du musicien, gérer les contraintes techniques et arriver à un compromis satisfaisant dans les deux cas. Bojan sait très bien ce qu’il veut et ses commentaires ne manquent pas de pertinence, mais comme il n’a pas la maîtrise technique, il n’est pas toujours facile de gérer ses envies.


La journée se termine avec le mixage d’« Empty Shell », un morceau composé par Seb Rochford qui commence gentiment énervé, avant de continuer cool pour finir carrément trash ! Le xénophone (l’un des Rhodes modifiés de Bojan) est carrément saturé au point de passer pour une vraie guitare électrique. Ça balance à tous les étages !



Quatrième jour


Quand j’arrive chez Philippe ce matin-là, je le trouve devant ses ProAc Response 4. « À un stade assez avancé d’un projet, j’aime bien écouter ici, souvent tôt le matin, tout seul, sans avoir un musicien inquiet autour de moi. Avant de revenir sur ce que j’ai fait la veille, j’écoute toujours le reste de l’album, pour avoir une vraie impression de l’ensemble du disque. D’abord, j’écoute doucement, pour vérifier que les balances sont correctes, je note les impressions que j’ai. Un peu plus tard dans la matinée, quand la maison est vide, j’écoute plus fort pour gérer les aspects fréquentiels. C’est intéressant parce que tu as pris du recul. Parfois, il y a juste deux ou trois détails à peaufiner et puis parfois, j’ai l’impression que ça ne marche pas ! Quand je ne suis pas très sûr, j’écoute un ou deux disques que j’aime bien et puis je remets ce que j’ai fait pour me faire une nouvelle idée. Après ça, je monte au studio pour faire mes petites corrections, avant que les musiciens arrivent. J’ai la paix ! »


Comme je lui reparle de l’inquiétude de Bojan la veille, il m’explique : « Je connais bien Bojan, nous travaillons depuis longtemps ensemble et je sais qu’il n’est pas forcément un amateur de l’équilibre, qu’il aime aussi que ça dérange, que ça déborde, que ce soit un peu trop, et c’est vrai qu’une grande part de l’émotion provoquée par ses compositions n’est pas forcément fondée sur le côté : on va tous se mettre à pleurer devant cette magnifique mélodie ! Cela procède plutôt d’une façon de te déstabiliser, et de créer une espèce de discours qui va de plus en plus se recentrer sur une de notion de transe, de débordement, d’exagération, lorsque le jazz flirte avec le rock et même le hard rock ou le métal ».


Bojan arrivé, la journée commence par une ultime mise au point autour de « Empty Shell ». Un petit ajustement autour de la fin qu’il voudrait spatialiser encore un peu plus.

Derrière, il ne reste plus que trois morceaux à mixer. Mais on attend toujours les re-re de Josh pour le morceau « Swamp Tune » qui ont du mal à venir depuis New York, parce que les fichiers compressés (format ZIP) envoyés ont étés mal réalisés. Josh s’en est finalement aperçu ce matin vers 5 heures et nous gardons bon espoir de récupérer enfin ces éléments essentiels à la réalisation du titre qu’il a écrit.

Entre deux titres, Bojan Z m’explique qu’il aimerait bien sortir le disque autour du mois d’avril 2009, au moment du concert qu’il va donner à la salle Pleyel avec le saxophoniste Julien Lourau, (très bon !) qui présente son quartet alors que Bojan joue avec le Tetraband. L’avenir nous apprendra que même pour un artiste de la trempe de Bojan Z, il n’est pas facile de trouver un éditeur en ces temps difficiles !


« August Song » est l’opportunité de constater toute la palette des compétences d’un ingénieur du son, puisque le morceau qui porte ce nom est en réalité constituée de deux titres enregistrés séparément, qu’il s’agit de fusionner en un tout cohérent. Bojan a aussi décidé de rajouter une série de son, une nappe et quelques notes de piano au milieu du morceau, pour changer totalement l’ambiance du titre. Une atmosphère de film noir un peu sombre vient s’ajouter ainsi à une mélodie plutôt optimiste par ailleurs. Le montage et le calage des nouvelles pistes prends un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, car il s’agit de refabriquer une structure totalement différente et d’ajouter des éléments extérieurs à la prise de son. Petit à petit, Bojan et Philippe trouvent le moyen de lier ces deux ambiances, en allant même chercher certains éléments, comme le micro du pied de la grosse-caisse, que Philippe transforme en boucle pour le situer à un autre moment du morceau. Plusieurs heures s’écoulent à fabriquer ce nouveau titre qui aura nécessité une post production digne d’un morceau de pop, et la journée se termine sans en avoir vu le bout.



Cinquième jour


Cette cinquième et dernière journée aurait pu être habité par une certaine urgence, vue qu’il restait la veille presque trois morceaux à mixer pour terminer l’album. Mais Philippe a pas mal travaillé après mon départ, d’abord avec Bojan, puis sans lui à finaliser « August Song » que nous écoutons tous ensemble, avec le recul donné par la nuit. Le résultat est particulièrement enthousiasmant et Bojan le valide le sourire aux lèvres.


C’est finalement une journée studieuse mais tranquille qui se dessine petit à petit. Il reste encore beaucoup de travail, mais Philippe et Bojan semblent avoir trouvé leur équilibre autour du disque et les choses avancent à bon train.

D’autant que les re-re de Josh Roseman sont finalement arrivés et que « Swamp Tune » peut enfin prendre son aspect définitif. Une fois de plus, le tromboniste s’est lâché, à travers des barrissements incroyables qui donnent une tout autre couleur au morceau. L’occasion pour Philippe de s’amuser un peu avec la mise en espace du trombone, un exercice dans lequel il excelle depuis toujours !

Vers cinq heures de l’après-midi, Bojan va tout de même chercher une petite bouteille de blanc pour détendre l’atmosphère. Philippe reste très concentré alors que Bojan, rassuré, se laisse enfin un peu aller. Le disque est maintenant pratiquement mixé, même si je sais que Philippe, en grand perfectionniste, va encore travailler de nombreuses heures pour obtenir quelque chose qui les satisfassent, Bojan et lui.

Dans quelques jours, nous nous retrouverons chez Raphaël Jonin, l’ingénieur du son avec lequel Philippe masterise la plupart de ses disques, lorsqu’il ne le fait pas lui-même. Cet ancien du studio Dyam est bien connu du milieu artistique pour avoir apporté la touche finale à quelques-uns des albums les plus vendus en France ces dernières années, et pas seulement dans le jazz. Mais c’est une autre histoire !…




À lire et à voir aussi :

  • L'enregistrement du disque : Bojan Z et le Tetraband en studio : petite chronique d'un album en devenir


  • Le mastering : un moment essentiel dans la vie d'un disque.

    Cette étape, souvent mal comprise, permet de finaliser le mixage et de préparer le support physique qui servira à presser le CD.













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