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Test : lecteur réseau Naim HDX


Naim HDX, un Serveur Audiophile à disque dur qui sait recevoir !



Par Antoine Gresland






Durée du test : 15 jours (octobre 2008)

Prix : 6320 euros

Date de publication du test : novembre 2008



Pour faciliter la lecture, l’article est divisé en plusieurs parties accessibles d’un clic :


1/ Petit tour du propriétaire
2/ Un peu de technique
3/ Mise en œuvre & Interface utilisateur
4/ Écoute comparative
5/ En conclusion

Lien vers la fiche technique



Naim Audio fait partie des monuments de la haute fidélité sans concession depuis maintenant plus de trente ans. Mais ce n’est pas parce que l’on s’appuie sur un passé prestigieux que l’on est hermétique au futur ! Consciente de l’importance croissante de la musique numérique stockée sous forme de fichier, la vénérable firme anglaise ne pouvait laisser passer le train des serveurs sans offrir une source digne de ce nom à ses aficionados. C’est désormais chose faite avec le Naim HDX, qui présente une solution particulièrement séduisante à tous les mélomanes qui cherchent un appareil à la fois flexible et intégré pour se constituer une audiothèque.



1) Petit tour du propriétaire


La conception d’un serveur audiophile est un exercice finalement assez difficile à réaliser. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre les performances et la convivialité, pour que nous puissions profiter de ses avantages sans perdre au passage ce qui fait la raison même d’un système audio de haut de gamme. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les ingénieurs du bureau d’études Naim ont pris le temps de réfléchir à cette délicate équation avant de créer le HDX. Débarrassés en partie des problèmes inhérents au rapport qualité/prix, ils ont décidé de choisir la voie de l’intégration, quitte à devoir créer de toutes pièces une interface utilisateur d’une rare efficacité.

S'agissant de son aspect, le HDX s’aligne en toute logique sur les autres éléments de la gamme haute du constructeur, avec son coffret amagnétique et une physionomie proche de celle du lecteur CDX2. En façade, on trouve un tiroir de chargement à gauche, un grand afficheur LCD couleur et tactile à droite, une prise USB et seulement deux touches, la première pour réveiller l’appareil, la seconde pour actionner le tiroir.



Le HDX est donc un serveur et un lecteur de CD traditionnel, même si pour le coup, sa mécanique CD-Rom, indispensable à l’extraction des données du disque, ne peut lui offrir le même degré d’excellence en lecture directe que les modèles haut de gamme du constructeur.

En matière de stockage, Naim a choisi une solution intégrée, en installant deux disques durs de 400 Go dans le coffret, le premier pour l’audiothèque, le deuxième configuré en mode RAID 1 pour sécuriser les informations du premier, opération que le HDX effectue une fois par jour, la nuit, afin de rester discret.




Cette face arrière impressionnante permet toutes les manipulations et tous les ajouts, à travers quatre connecteurs USB 2.0 et tout ce qu'il faut pour gérer le HDX sans l'aide d'un ordinateur. Une intégration remarquable qui mérite d'être saluée lorsque l'on voit ce que propose la concurrence !


L’arrière de l’appareil est particulièrement fourni : Naim a pensé à tout ! En plus de la connexion Ethernet (RJ45) qui le relie à Internet et, le cas échéant, au routeur de votre réseau informatique local (disque dur NAS, ordinateur), on trouve en effet quatre prises USB, qui permettront de le brancher directement à tout support utilisant ce type de connexion et d’y retrouver la musique qu’il contient. Sans oublier le branchement d’un clavier et d’une souris ! Naim a aussi prévu l’utilisation d’un convertisseur externe, à travers la présence de deux sorties numériques optique et coaxiale, et également de quoi organiser la banque de données de la machine, à travers une connexion VGA pour un moniteur, des sorties s-vidéo et composite pour le raccorder à un écran plat.

L’intégration au sein d’un système multiroom n’a pas été oubliée, grâce à un connecteur RS-232. Quant au gros connecteur placé à droite des fiches RCA, il est destiné à faire évoluer les performances musicales de l’appareil en lui adjoignant l’une des alimentations séparées dont le constructeur anglais a le secret. Nul doute que l’adjonction d’une XPS2 ou d’une PS555 optimisera les qualités du HDX, mais elles impliquent une dépense supplémentaire qui s’élève quand même, dans le cas de la moins onéreuse des deux, aux deux tiers du prix de l’appareil !

À propos des sorties analogiques, le HDX offre, comme toujours chez Naim, un connecteur DIN 5 broches, idéal pour une liaison avec un préamplificateur de la marque, mais aussi bien sûr une paire de connecteurs RCA pour une liaison plus traditionnelle en asymétrique.
Un petit contacteur permet de choisir facilement entre ces deux connexions ou de les activer simultanément. Un deuxième contacteur offre enfin la possibilité de choisir entre une masse flottante et celle du châssis.






2) Un peu de technique


Avec le HDX, Naim s’est donné la peine de partir d’une feuille blanche, aussi bien pour la partie circuit que pour les logiciels qui l’exploitent. Derrière le tiroir en plastique se trouve une mécanique CD Rom de qualité, qui devrait assurer de bonnes performances à l’appareil lorsqu’il est utilisé comme un lecteur CD traditionnel. Quant aux informations, elles sont extraites du disque par un programme sophistiqué qui va repasser plusieurs fois et à plusieurs vitesses différentes sur les pistes pour être sûr d’effectuer une copie " bit perfect " (bit à bit) des informations disponibles.

La partie restitution peut compter sur une double alimentation, un transformateur torique de bonne taille étant réservé à la section analogique, la section numérique et de lecture ayant droit à des redressements séparés pour chaque section de l’appareil. Au niveau des circuits proprement dits, on retrouve une architecture finalement assez proche de celle des gros lecteurs CD de la marque. Le convertisseur retenu après de longues heures d’écoute est un modèle Burr Brown PCM1791A qui accepte les signaux numériques en 24 bits jusqu’à une fréquence d’échantillonnage de 192 kHz. Voilà qui permettra de lire les fichiers FLAC et WAV de qualité " master " qui ne vont pas tarder à fleurir sur les sites de téléchargement audiophile.

Évidemment, pour profiter au mieux des avantages du serveur, Naim utilise un circuit de re-clocking (remise en forme temporelle des données entrantes ndlr) à très faible jitter (gigue), pour contrôler l’ensemble du processus de lecture numérique. Un filtre analogique sophistiqué, utilisant des amplis opérationnels Burr Brown OPA604, est placé en aval des convertisseurs, alors que l’étage de sortie se voit isolé de toute perturbation électromagnétique par des transformateurs maison sans noyau.



3) Mise en œuvre et interface utilisateur : le serveur le plus convivial du marché


Sur le terrain, le Naim HDX ne demande tout simplement qu’à être utilisé. Si vous n’avez pas d’ordinateur, pas de panique : il suffit d’introduire un disque dans le tiroir, de relier l’appareil à Internet via la liaison Ethernet, d’appuyer sur CLOSE et le tour est joué !
Le HDX s’occupe de tout. En une dizaine de minutes, il va transférer le contenu du CD sur son disque dur, l’indexer grâce aux informations concernant le nom, l’artiste, le titre des pistes… qu’il aura récupérés sur la base de données AMG ou Free Data Base, l’illustrer même, si la pochette est disponible et… c’est terminé. Pendant ce temps-là, rien ne vous interdit de lire l’une des pistes déjà stockées.

Pour vous y retrouver dans les pistes, pas de problème : la télécommande est dotée de touches d’accès direct aux différents critères de recherche : album, artiste, genre, mais il est aussi possible de pointer du doigt précisément ce que l’on veut, depuis l’écran tactile, ou grâce aux touches alphanumériques placées à côté de la sélection de la source que l’on désire écouter HDD (disque dur) ou CD.



L’interface informatique (compatible Mac et PC) est tout aussi efficace et agréable à utiliser. En quelques clics, on peut constituer des listes de lecture suivant différents critères, ou lire des fichiers contenus sur l’ordinateur, par l’intermédiaire du HDX. Un vrai bonheur !


Petit tour de l'interface utilisateur du HDX en 5 photos




4) Un vrai lecteur à disque dur pour audiophiles !


Vous l’aurez compris : la facilité d’utilisation du HDX n’est pas pour rien dans la qualité de l’expérience que j’ai vécue pendant plus de deux semaines avec cette machine attachante. Confronté aux interfaces proposées par la concurrence, Naim ne s’est pas trompé de cible en réalisant un sans faute qui donne tout simplement envie d’utiliser le HDX à tout bout de champ. J’ai testé ces dernières semaines un bon nombre de machines multiroom et serveurs nécessitant un accès informatique, et je dois dire que le Naim est le seul dont je me sois servi au pied du lit, le dimanche matin, en buvant mon café tranquillement installé sur mon canapé. Il est bien évident que cet élan d’enthousiasme matutinal n’aurait pu se concevoir sans le plaisir musical qui s’y rattache, et de ce côté-là aussi, le HDX est à la hauteur de la tâche que lui ont confié ses concepteurs !

Ma première écoute sérieuse se fait sur l’album Traffic From Paradise de Rickie Lee Jones, le temps de constater que le HDX est d’abord un très bon lecteur de CD ! On n’est tout de même pas au niveau d’un Naim CDX2, mais franchement, il faudrait être difficile pour ne pas tomber sous le charme de ce sens du rythme inimitable, et de cette sensation de présence impressionnante que cultive le constructeur depuis maintenant plusieurs années sur l’ensemble de sa gamme.

C’est pourtant du même morceau stocké sur le disque dur de la machine que l’on obtient, et de loin, les meilleures performances. Difficile de préférer le CD, devant tant de fluidité, de dynamique et de précision supplémentaires ! Cela se traduit d’abord par une image stéréo beaucoup plus profonde et focalisée, une sensation d’espace encore plus bluffante, d'ailleurs réitérée sur le disque de Raphael Imbert, Bach Coltrane. On a vraiment ici la sensation d’être dans la nef de l’église de Bouc-Bel-Air, de pouvoir se promener autour des interprètes, en savourant les délicates réverbérations des improvisations du saxophone sur un concerto pour clavier de Bach (BWM 1056, plage 7). Le HDX démontre donc toutes les qualités musicales que l’on attend d’un lecteur Naim, ne sacrifiant en rien le caractère vivant, spontané, et délicieusement séduisant qui a fait la réputation des sources du constructeur.

Avec la partie serveur de l'appareil, on a aussi gagné en bande passante, c’est évident, même si dans ce domaine, le HDX impressionne moins. Dans le haut, rien à dire, c’est clair et transparent comme toujours chez Naim. Mais si le bas du spectre est parfaitement lisible, il ne descend pas tout à fait aussi bas qu’il le pourrait. Pour avoir déjà constaté la différence existante entre un CDX2 seul et le même appareil équipé de son alimentation séparée XPS2, je vois très bien ou le constructeur veut en venir : le HDX est sans doute parfaitement capable de chatouiller le fond de la bande passante, mais une petite alimentation serait la bienvenue pour faire l’affaire ! En attendant, il faut raison garder, et comme nous ne sommes pas des frustrés, laissons-nous aller à ce que le HDX sait le mieux faire : chanter !

Bien sûr et tant mieux, il garde l’esthétique sonore propre au constructeur, faite de tension, de lumière et d’articulation, même si cela peut signifier perdre un peu en neutralité absolue. Il est d’ailleurs rassurant de constater que le caractère des serveurs que je teste en ce moment ne dénature en rien les particularités propres à chaque constructeur. Ce qui est tout aussi rassurant, c’est de constater que la nouvelle génération de sources numériques nous ramène vers les sensations analogiques du vinyle : douceur, fluidité, matérialité, sans nous priver, bien au contraire, des qualités de dynamique et de précision du numérique.



En conclusion :

Avec le HDX, Naim Audio vient de frapper un grand coup. L’appareil réussit la performance d’être incroyablement convivial et brillamment musical, ouvert de tous côtés à l’évolution et à l’accumulation. Lecteur de CD autant que serveur, il peut s’utiliser de manière parfaitement autonome grâce à son écran tactile et sa télécommande intelligente, ou être piloté depuis un ordinateur par l’intermédiaire d’une interface intelligente et intuitive. Si l’on y ajoute ses capacités à prendre en charge les fichiers stockés sur des disques durs externes (la base de données peut gérer l’équivalent de 20 000 disques), la possibilité de lui adjoindre une alimentation séparée pour de meilleures performances, nous ne voyons pas bien quoi lui reprocher… Son prix peut-être, que l’on aurait aimé un peu plus doux pour se l’offrir plus vite !




Système d'écoute:
Source : Lecteur CD Linn Sondek CD 12 ; Préamplificateur : Linn Kisto ; Amplificateur : Karan Acoustics KSA 450 ; Enceintes : Linn Akurate 242 ; Caisson de grave : Linn AV5150 ; Câbles de modulation : Cardas Golden Cross asymétrique, Linn Silver Interconnect asymétrique ; Câble HP : Linn K600





Spécifications constructeur :

Dimensions : 87 x 432 x 314 mm
Poids : 10,8 kg
Sorties analogiques : DIN et RCA
Réponse en fréquence : 10 Hz-18 kHz ± 0,1 dB
Niveau de sortie : 2.1V RMS à 1 kHz
Impédance de sortie : 22 Ohms maximum
Réponse en phase : Linéaire, phase absolue respectée
Distorsion et bruit : < 0,1 % de 10 Hz à 18 kHz
Compatibilité CD : CD, CDR & CD-RW
Fichiers supportés : WAV, MP3, AAC, FLAC, WMA





















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