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Test : Maximum Super Tweeter Townshend Audio





Par Antoine Gresland


Durée du test : plus d’un mois

Prix : 990 euros


Qu'est-ce que c’est que ces trucs là ?



Le supertweeter à ruban Townshend Audio est conçu pour étendre la réponse en fréquence d’un système hi-fi à 90 kHz afin de profiter, entre autres, de la bande passante des nouveaux supports haute définition. Le constructeur britannique explique aussi que pour des raisons acoustiques plus complexes, un supertweeter apporte toujours un surcroît de réalisme et de musicalité en favorisant l’expression des harmoniques par le système et leur perception par l’auditeur.



Techniquement parlant, ces deux adorables petits coffrets en métal poli abritent des aimants néodymes ultrapuissants excitant un ruban en aluminium de seulement huit microns d’épaisseur ! Ils intègrent également un filtre du premier ordre dont le point bas (– 3 dB) est situé à 20 kHz. La sensibilité du tweeter Townshend peut être ajustée précisément à l’aide d’un petit potentiomètre à sept positions placé à l’arrière pour s’adapter aux enceintes dont le rendement est compris entre 80 dB et 110 dB. Les connecteurs d’entrée du boîtier sont au format banane, ce qui autorise une grande variété de câbles, mais le fabricant fournit d’origine une paire de câbles Litz de 1,50 m terminé par des bananes creuses pour faciliter son raccordement en série au bornier de l’enceinte, même si celui-ci n’est pas bicâblable. Le boîtier en lui-même comporte des petites ouvertures pour laisser la pression de l’air sur le ruban s’égaliser avec l’extérieur dans le cas de variations soudaines de pression. Le Maximum Super Tweeter peut aussi être connecté directement aux bornes de sortie d’un amplificateur et il accepte jusqu’à 350 watts sur ses cinq
premiers réglages. Au-delà, et compte tenu du rendement induit (plus de 100 dB), la puissance est limitée autour de 30 watts. Dans tous les cas de figure, un fusible à réarmement automatique est prévu pour éviter d’endommager le ruban lorsque la charge est trop forte. Idéalement, les tweeters Townshend viennent prendre place sur le dessus des enceintes, mais si le ou les tweeters se trouvent au milieu de l’ébénisterie (par exemple en montage d’Appolito : tweeter encadré par les haut-parleurs de médium-grave), le constructeur conseille de trouver un moyen de placer le supertweeter au plus près…



Comment ça marche ?



Le concept du supertweeter à ruban n’est pas une nouveauté dans le monde de la haute fidélité d’exception. On se souviendra notamment du tweeter Decca, qui a contribué à le « populariser » ou encore du modèle PT-R9 de chez TAD qui offre une bande passante étendue jusqu’à 120 kHz (!), sans oublier le MuRata piézo-électrique donné pour 100 kHz ou la gamme de supertweeters à dôme de chez Tannoy qui reçut un accueil plus qu’enthousiaste de la part des audiophiles.



Évidemment, à première vue, ces réalisations à la bande passante superlative ont pour conséquence de rendre audible à votre chien ce que nous ne pouvons pas entendre puisque l’oreille humaine déclare forfait à 20 kHz… et encore s’agit-il de celle d’un nourrisson ou d'un adolescent, car peu d’entre nous entendent quoi que ce soit au-dessus de 16 kHz ! Sans oublier que la plupart des moyens de diffusions existants, le CD en tête, ne laissent pas non plus passer grand-chose au-dessus de cette fréquence… Bien sûr, on peut arguer que les supports haute définition plus ou moins disponibles aujourd’hui (je pense notamment au DSD, au défunt DVD-audio, mais aussi aux codages cinéma tels que le DTS-HD Master Audio et Dolby TrueHD), ne sont pas limités par cette fréquence de coupure.


Max Townshend compare l’action de sa création à celle d’un caisson de basses : « De la même manière qu’un subwoofer prolonge le bas du spectre, le Maximum Super Tweeter prolonge le haut de la bande passante ». Il est vrai que les fréquences situées en dessous de 40 Hz sont difficilement audibles dans une pièce de taille conventionnelle, ce qui n’empêche pas l’auditeur d’en ressentir clairement les effets. Pour en savoir plus, je me suis penché sur le document que fournit Tannoy pour expliquer le fonctionnement de sa gamme de supertweeters. D’après le constructeur d’enceintes, l’extension de la bande passante au-dessus des 20 kHz fatidiques rend l’écoute plus naturelle par le simple fait que beaucoup d’instruments produisent une énergie considérable au-dessus de 20 kHz (et même jusqu’à 40 kHz pour certains). L’ajout d’un supertweeter engendre ainsi une plus grande justesse de timbres tout en améliorant la réponse transitoire. Une étude scientifique récente relayée par le site Townshend complète cette allégation en expliquant que certaines parties du corps, notamment la boîte crânienne, sont susceptibles de ressentir les effets de ces fréquences situées bien au-delà de celles que nous pouvons entendre avec nos oreilles.


Admettons que cette théorie fonctionne lorsque la bande passante du support est effectivement supérieure à 20 kHz, mais que se passe-t-il dans les autres cas de figure ? Tannoy explique encore qu’un supertweeter correctement aligné temporellement avec les autres transducteurs réduit les erreurs de phase dans les hautes fréquences en repoussant le point d’inflexion de la bande passante dans la « stratosphère », (typiquement à – 6 dB à 54 kHz et – 18 dB à 100 kHz), ce qui préserve mieux les relations harmoniques entre les instruments. Le constructeur explique aussi que l’addition d’un supertweeter réduit les erreurs de phase et améliore les performances en régime transitoire bien en dessous de 20 kHz. En clair, le supertweeter affecte l’interaction des autres haut-parleurs au cœur même de la bande passante utile en les laissant mieux fonctionner ensemble. Max Townshend ajoute que son supertweeter est simplement meilleur dans sa fonction que la plupart des tweeters à dôme conventionnels, y compris en dessous de 20 kHz, et qu’il participe à ordonner l’enceinte dans un tout cohérent dans un contexte musical. Pourquoi pas. Dans ce domaine, tant qu’une étude sérieuse n’aura pas été menée pour comprendre exactement l’effet de ces hautes fréquences sur le fonctionnement d’une enceinte, nous en resterons à des hypothèses ou de simples théories. Il n’en reste pas moins que l’ajout des supertweeters Townshen dans mon système est parfaitement audible, même pour un vieux aux abords de la quarantaine, aux oreilles usées par des milliers d’heures d’écoute attentive !



Sur le terrain : tout sauf un gadget



Pour avoir longtemps possédé des systèmes actifs – et pour avoir écouté nombre d’enceintes haut de gamme particulièrement sophistiquées dans l’aigu – je sais l’importance de cette zone du spectre et son impact sur le reste de la bande passante. Pour autant, j’avoue avoir été particulièrement impressionné par ce que le supertweeter Townshend se propose d’apporter à la restitution, surtout compte tenu de son coût tout à fait raisonnable dans le contexte d’une chaîne haute-fidélité d’un certain niveau. D’un certain niveau, car il m’apparaît primordial de rappeler
que le Townshend ne remplacera pas un tweeter de mauvaise qualité ni ne transformera une citrouille en carrosse ! Il est vrai qu’il est si facile à installer que je ne me suis pas gêné pour l’embarquer dans quelque aventure contre nature, jusqu’à doubler le prix de la paire d’enceintes sur laquelle je les posais. La mise en œuvre proprement dite se fait à l’écoute, en quelques minutes. Dans la plupart des cas, on aligne le petit boîtier sur le tweeter de l’enceinte, puis on joue avec le niveau autour d’un réglage moyen correspondant à peu près à son rendement. À mes oreilles, ce réglage se trouve d’ailleurs souvent un cran en dessous du rendement annoncé de l’enceinte qu’il complète. Comme dans le cas d’un caisson de grave, il est important de ne pas abuser du niveau au risque de se trouver gêné par un déséquilibre pernicieux et destructeur. On pourra aussi jouer sur sa focalisation et sur son positionnement, plus ou moins en avant sur le dessus du coffret, pour obtenir une scène sonore aussi aérée et naturelle que possible.


C’est en effet dans ce domaine que le supertweeter Townshend se fait tout de suite remarquer : invariablement, quel que soit le disque, on a l’impression d’avoir ouvert une fenêtre dans la pièce, comme si la modulation apparaissait décompressée pour prendre sa juste place dans l’espace. Loin de stresser la restitution, ou de la rendre plus aiguë, les Townshend l’adoucissent et l’aèrent avec subtilité, comme si la source fournissait plus d’informations aux enceintes. Un phénomène remarquable qui prend tout son sens sur la viole de gambe de Marianne Muller interprétant le « Tombeau pour monsieur de Sainte-Colombe » de Marin Marais avec l’ensemble Spirale. Le délicat mélange de sonorités du clavecin, de la viole de gambe et de la basse de viole apparaît avec une
évidence et une transparence supérieure, chaque instrument prenant sa place dans la bande passante avec une nouvelle aisance. Dans la bande passante et dans l’espace physique, car la scène sonore est mieux définie, même sur mes Linn Akurate 242 et leurs « 3K Array » pourtant réputées à ce titre. On se détache encore un peu plus des enceintes alors que les instrumentistes viennent s’installer devant vous avec une vérité confondante ! Profonde, large, très bien focalisée, l’image sonore prend tout son sens sur un concert, sans pour autant apparaître distordue, anormalement large ou sur définie, comme c’est le cas lorsque le système en rajoute artificiellement dans le haut du spectre.


Il est un autre domaine dans lequel le tweeter Townshend se montre particulièrement convaincant : celui du grave ! Rassurez-vous : je suis parfaitement à jeun au moment de rédiger cet article et ceux qui ont un peu l’expérience des systèmes actifs me comprendront très bien : traditionnellement, lorsque l’on améliore le haut du spectre, on en fait profiter aussi le bas. Cela tient en partie à l’amélioration des performances en régime transitoire, à la qualité des attaques, et sans doute à cette mystérieuse interaction bénéfique avec les autres transducteurs. Quoi qu’il en soit, il faudrait être sourd pour ne pas apprécier les bienfaits du Townshend sur le dessin de la bande passante dans le bas du spectre. La contrebasse comme la basse électrique, le pied de grosse caisse comme le clavier ou le piano profitent tous d’un surcroît de définition tangible, presque tactile, dans les dernières octaves. Tout apparaît à la fois plus lisible et plus modulé. Un peu comme si le grave était mieux contrôlé et mieux intégré au reste du spectre.


Quoi qu’il en soit, le résultat global est une bande passante d’une cohérence remarquable, comme si tous les registres fusionnaient encore un peu mieux que d’habitude, avec une aisance et une liberté qui donneront le sourire au mélomane comme à l’audiophile. Et je ne vous ai pas encore parlé des qualités du tweeter Townshend lorsqu’il est effectivement confronté à la haute définition d’un master 24 bits – 96 kHz ou à la bande-son DTS HD d’un Blu-ray ! Avec la haute définition, le bénéfice qu’ils apportent à la restitution est encore plus sensible. Sur des enceintes naturellement équilibrées comme les ProAc Response D2, la différence est éloquente, au point de faire franchir un nouveau seuil aux monitors britanniques. On a vraiment affaire à des transducteurs de très haut de gamme, et je connais bon nombre d’enceintes prestigieuses, coûtant deux, voire trois fois plus chers, qui seraient bien incapable de restituer une telle palette de timbres et une bande passante subjective seulement approchante du couple ainsi formé.

S’agit-il pour autant d’une solution universelle, capable d’améliorer tous les systèmes sans discernement ? Sans doute pas. Il est probable, par exemple, que l'apport du Townshend soit moins évident sur les dernières créations haut de gamme de Stewart Tyler (ProAc Carbon 6 et 8), déjà équipées d'un tweeter à ruban sophistiqué, ou sur une BW800 Diamond, au tweeter montant très haut en fréquence. Il faudra essayer ! De toute façon, je pense que les tweeters Townshend ne prennent leur véritable dimension qu’au sein d’un système déjà optimisé, et ce quel que soit son prix. Un peu comme la cerise sur le gâteau. Il n’est d’ailleurs pas impossible que son ajout vous conduise à retoucher finement au positionnement des enceintes, pour obtenir un équilibre parfait en toute circonstance. Une expérience passionnante qui mérite amplement d’être tentée, si vous en croyez mes oreilles !



En conclusion



Vous l’aurez compris : les Maximum Super Tweeters Townshend sont tout sauf des gadgets pour audiopathes. Il s’agit en effet, lorsqu’ils sont correctement mis en œuvre, d’une amélioration notable des performances du système d’écoute, et ce d’un bout à l’autre de la bande passante. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas tant de rajouter de l’aigu, que d’améliorer globalement la restitution aussi bien en matière de timbres, que d’image stéréo et de dynamique. Avec une enceinte bien conçue et un minimum d’expérience et d’oreille au moment de la mise en œuvre, l’ajout d’un tweeter Townshend sera positif dans la quasi-totalité des cas de figure, cela pour un prix qui reste tout à fait raisonnable, surtout lorsque l’on sait ce que valent ses plus proches concurrents. Pour tout vous dire, je suis tellement convaincu que je me les suis offerts pour continuer mes expériences dans les mois qui viennent !


Spécifications :

  • Répons en fréquence : 20 kHz à 70 kHz, +/-3 dB, 14 kHz à 90 kHz +/-6 dB
  • Sensibilité ajustable pour s’adapter aux enceintes de sensibilité comprise
    entre 80 dB et 110 dB
  • Impédance : 6 Ω à 20 kHz, 30 Ω à 80 kHz
  • Dimensions (L x H x P) : 50 x 30 x 100 mm
  • Finition : acier poli miroir



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