Par Antoine Gresland
Voilà déjà un certain temps que la société américaine HRS (Harmonic Resolution Systems) développe et fabrique aux États-Unis des systèmes d’isolation, meubles et tablettes, matériaux et accessoires antivibratoires pour le monde de la haute-fidélité. La presse spécialisée et quelques mélomanes audiophiles d’outre-Atlantique, en lesquels j’ai toute confiance, m’ont convaincu d’essayer ces produits censés améliorer le fonctionnement des équipements audio vidéo en supprimant dans une proportion non négligeable les vibrations parasites susceptibles de les perturber. Mon test d’aujourd’hui porte sur les plaques amortissantes Damping plate Mk II, élaborées pour atténuer les vibrations aériennes, et les pieds Nimbus qui se consacrent aux vibrations transmises par voie solide, c’est-à-dire par le support.
Durée du test : 6 semaines
HRS Damping plate Mk II
140 x 114 x 18 mm 0,5 kg : 115 €
241 x 114 x 18 mm 0,9 kg : 195 €
368 x 114 x 18 mm 1,4 kg : 210 €
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HRS Nimbus
Paire de coupleurs : 70 €
Espaceur NS-030 : 45 €
Espaceur NS-080 : 50 €
Espaceur NS-130 : 55 €
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Les Damping Plate Mk II

À l’ouverture de l’une des boîtes en carton qui contient une Damping plate, je tombe sur la notice : « Le savoir-faire de HRS provient de plusieurs décennies d’expériences scientifiques dans les domaines des systèmes audio, mais aussi de la défense et de l’aérospatiale ». Ici, comme moi, vous avez le droit de vous poser la question : « Où se trouve la technologie ? À première vue, il s’agit d’un bout d’amortissant collé à un gros patin en aluminium, c’est louche ! ».
Évidemment, c’est loin d’être aussi simple ! Les Damping plate Mk II proposent la dernière technologie d’amortissement développée par HRS. Le secret de ces plaques repose, bien sûr, dans le polymère qui se trouve pris en étau entre le dessus de l’appareil et la plaque d’aluminium taillée dans la masse qui le contient. Comme on le comprendra rapidement, il ne s’agit pas d’une « simple » pièce de Sorbotane, mais bien d’un composite sophistiqué conçu pour agir en compression, sous la masse de l’aluminium. La notice prévient qu’elle doit couvrir la plus grande surface possible pour être efficace, c’est pourquoi les Damping plate existent en trois tailles.
À l’écoute
Je commence par placer une Damping plate sur mon drive CEC, juste derrière la trappe de la mécanique. L’effet sur l’écoute est immédiatement audible, même par quelqu’un qui n’a pas spécialement l’habitude d’écouter un système audio de haut de gamme. Sur la troisième plage du disque de Radiohead,
In Rainbows, particulièrement chargé en informations et en grave, il ne fait aucun doute que l’on gagne en précision dans le bas du spectre et en ouverture dans le médium aigu. Un peu comme si l’on déconnecte un
loudness très léger pour affiner la restitution et la transparence du système. Du coup, le signal apparaît plus nuancé et fluide. La scène sonore gagne aussi en largeur comme en profondeur sans conséquence négative sur

la dynamique subjective, bien au contraire. Je retrouve, plus ou moins, ces caractéristiques dans tous les appareils sur lesquels les plaques sont posées. Impressionnant ! Attention toutefois à ne pas en abuser : « recouvrir » entièrement les appareils, comme le recommande HRS, ne m’a pas systéma- tiquement convaincu. À force d’accumulation, la restitution de certains maillons perd en spontanéité, un peu comme si quelque chose restait coincé sous la plaque. Par contre, cet accessoire placé au-dessus d’un préampli ou de l’alimentation de mon lecteur réseau est un plus indéniable, surtout si l’on a tendance à se laisser aller sur le potentiomètre de volume ! Il faudra alors l’essayer en situation pour obtenir le meilleur compromis possible entre ses qualités indéniables et le moment où l’on tombe dans l’excès. Mais d’une manière générale, l’effet des Damping plate est tout à fait saisissant ! C’est flagrant en particulier quand on les enlève du système… On a vraiment la sensation d’avoir perdu en modulation et en détail alors que la scène sonore se rapproche un peu de l’auditeur.
J’ai été aussi particulièrement impressionné par l'effet des Damping plate posées tout simplement sur le dessus d’une paire d’enceintes. Si vous êtes un amateur de basses fréquences et de colonnes dodues, mais aussi de petites enceintes de bibliothèque poussées dans leurs derniers retranchements, ces petites plaques sont faites pour vous ! À bas et, plus encore, à fort niveau, leur action est concrète, notamment dans les hautes fréquences. Libéré sans doute d’une partie des vibrations inévitables du coffret, le haut du spectre se dévoile plus précis et plus homogène, la scène sonore plus stable et le grave mieux tendu. Le résultat dépendra bien sûr de la manière dont le concepteur des enceintes a géré les caractéristiques vibratoires de son ébénisterie. Mais sur toutes les enceintes que j’ai testées pendant ces dernières semaines, l’effet des Damping plate s’est révélé positif.
Il existe un autre domaine dans lequel leur action apparaît certaine : la vidéo. Posée sur le coffret, au-dessus de la mécanique, de deux lecteurs BD de moyenne gamme (une Playstation 3 et la nouvelle platine Sony BDP-S360), on gagne un peu en stabilité et en détail. C’est aussi vrai sur un vidéoprojecteur. Le Planar 8130 de notre rédaction n’en revient toujours pas ! L’absorption des vibrations a pour conséquence de réduire le bruit des ventilateurs (et donc la nuisance sonore qui en découle…), mais aussi, là encore, de préciser l’image. Encore faut-il arriver à la faire tenir sur le coffret !
Les plus :
Une restitution plus précise, homogène et fluide, une bande passante subjectivement étendue, des basses mieux tenues, une scène sonore large et profonde
Une image mieux définie (lecteur de DVD, Blu-ray et vidéoprojecteur)
Efficaces sur la plupart des matériels testés
Les moins :
Attention à ne pas en abuser. La multiplication des plaquettes peut aboutir à un manque de spontanéité subjective du système
Une esthétique pas toujours en accord avec celle des appareils !
Niveau d'efficacité variable selon les appareils
Les pieds Nimbus

Les pieds Nimbus sont composés d’un « espaceur », usiné dans de l’aluminium « aviation », et de deux coupleurs, petits coussins constitués d’un polymère dont la formule a été affinée pendant de nombreuses années à l’écoute. Comme avec les Damping plate, on a un peu l’impression de naviguer entre la technologie du futur et l’alchimie ! En éliminant une bonne partie des résonances de châssis et en transformant l’énergie résiduelle en chaleur, les Nimbus doivent offrir un découplage optimal vis-à-vis du support. Un avantage certain avec les appareils contenant des pièces mobiles, comme un lecteur de CD, mais aussi avec les appareils sensibles aux vibrations microphoniques, tels que les préamplis, tout particulièrement ceux à tubes, et les entrées phono. Il doit aussi se révéler efficace sous les enceintes. L’espaceur existe en trois hauteurs afin de s’adapter à toutes les formes de châssis et de pied d’enceintes.
À l’écoute :
Plus encore qu’avec les Damping plate, l’efficacité des pieds Nimbus dépend intimement de la manière dont a été conçu le châssis de l’appareil et du meuble sur lequel il repose. Sur mon drive CEC TL51X Van Medevoort, pourtant lourd et découplé très proprement, la différence est hallucinante ! À la limite, on a l’impression de changer de machine, tellement le signal semble gagner en précision, en spatialisation, et en dynamique.
Le bas du spectre est mieux défini et plus dense à la fois. Il ne s’agit pas d’un petit écart, mais bien d’une évolution considérable des performances ! Sur le lecteur réseau Linn Akurate DS, ou les préamplificateurs que j’ai pu tester sur mon système récemment, la différence est moins sensible mais elle est tout de même très clairement audible et toujours dans le bon sens. Il suffit pour s’en convaincre de les retirer du système après avoir vécu avec quelques semaines… Il ne fait aucun doute que j’aurais du mal à vivre sans après avoir écouté avec ! J’avoue ne pas avoir tenté le coup sous mon ampli Karan de 80 kg, mais je ne doute pas de leur action bénéfique, même si la masse de l’engin et les pieds Spike dont il est équipé d’origine jouent peut-être déjà en sa faveur. Et sous les enceintes ? L’expérience mérite d’être tentée, mais, là encore, le résultat dépend beaucoup de la conception de ces dernières. Certaines n’apprécient pas du tout les Nimbus, qui les empêchent probablement de « communiquer » comme elles le doivent avec le sol. Mais sous une paire de pieds stables et lourds destinés à des enceintes de bibliothèque, leur apport peut-être magique, notamment dans le bas du spectre, qui gagne en bande passante et en précision, libérant un médium aigu à la fois précis et doux. Mon caisson de basses de 50 kg, muni de deux 30 cm a aussi beaucoup apprécié les Nimbus… Davantage que ma voisine, en tout cas, qui a jugé le reggae d’Aux armes et cætera, de Serge Gainsbourg « Tellement réaliste, que l’on dirait que l’orchestre au complet est dans mon salon ! »
Elle devrait remercier HRS, au lieu de regarder Les Feux de l’amour… Ça lui ferait des vacances en Jamaïque !
Les plus :
Des performances sublimées sur tous les paramètres de la restitution avec certains appareils et certaines enceintes
Efficaces sur la plupart des matériels testés
Le prix lorsque le couplage appareil/enceintes se révèle idéal
Les moins :
Négatif avec certaines enceintes
Le prix (345 euros pour une solution trois pieds standard) si le couplage avec l’appareil n’est pas optimal
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