Accueil

Contact

Qui sommes-nous ?

Newsletter

Glossaire

Plan du site

Navigation


Liens utiles

Partenaires

Courrier des lecteurs



Accès revendeurs

Votre recherche


Newsletter



RSS

   
Reportage Nagra


Nagra Audio : l’envers du décor


Par Antoine Gresland





L’histoire raconte que Stefan Kudelski a fait ses premières armes dans le domaine du son en enregistrant les cloches de Notre Dame de Paris. Comme il démontrait la qualité du résultat obtenu dans un concours de prise de son amateur, on lui demanda d’expliquer comment il avait réussi ce prodige, à une époque (c’était en 1951) où le matériel d’enregistrement prenait la place d’une machine à laver et nécessitait des mètres de câble. Le jeune homme expliqua qu’il avait conçu lui-même une petite machine : le Nagra I, qui allait devenir l’ancêtre de la plus célèbre gamme d’enregistreurs portatifs de la planète.
Tout simplement génial !


Par la suite, Stefan Kudelski allait fonder la marque Nagra en Suisse, près de Lausanne, et devenir le fournisseur des cinéastes français de la nouvelle vague, avant de conquérir Hollywood et l’univers de la radiodiffusion, sans oublier ses relations discrètes avec le monde de l’espionnage. On se souviendra en effet que c’est à la CIA que l’on doit la création du SN, plus petit enregistreur à bande de sa génération, puisqu’elle a subventionné son étude et sa fabrication en échange d’une période d’exclusivité de 10 ans. L’adorable petite machine, que l’on peut considérer comme l’ancêtre du walkman Pro de Sony, allait devenir célèbre par la suite en apparaissant notamment au générique de la série Mission Impossible, et faire rêver les amateurs du monde entier à travers une conception mécanique digne des montres suisses les plus sophistiquées. Mais il faut aussi citer les Nagra IV (jusqu’au IV-S), magnétophones stéréo mythiques, encore utilisés aujourd’hui par certains ingénieurs du son amoureux de l’analogique.


Du Nagra 1 à bande de 1951 à la toute dernière version de l'enregistreur numérique de poche ARES-MII, le constructeur suisse a toujours su allier
performances et compacité


Depuis, la marque a fait bien du chemin. Non seulement à travers une gamme d’enregistreurs numériques multipistes, du magnifique Nagra D, utilisant toujours la bande, jusqu’au dernier Nagra VI, fraîchement sorti, qui utilise cartes mémoires SD et disques durs pour stocker les informations musicales (en format 24 bits / 96 kHz et ce jusqu’à 8 pistes) en provenance de l’une de ses quatre entrées micro de haute qualité.

Diaporama : Quelques jalons de l'histoire du constructeur


Ce que l’on sait moins, c’est que cette activité professionnelle, couplée à la gamme d’appareils haute-fidélité apparue en 1997, représente aujourd’hui moins d’un pour cent du chiffre d’affaires du groupe Kudelski auquel Nagra appartient. En effet, à la fin des années 80, André, le fils de Stefan, découvrit combien il était facile de pirater les décodeurs Canal + fournis au grand public et décida d’inventer un système de cryptage plus sophistiqué pour le proposer à la chaîne de télévision. C’était le début d’une nouvelle aventure qui s’est largement développée depuis avec l’arrivée des chaînes satellites et câblées, et qui fait de la société Nagra Vision le leader mondial de la sécurité dans le domaine de la télévision numérique.


Mais ce n’est pas pour découvrir le magnifique bâtiment ultra moderne abritant les 900 ingénieurs de la division Nagra Vision que nous avions fait le chemin jusqu’à Lausanne, mais bien pour visiter l’usine qui abrite, de manière exclusive, l’activité audio de Nagra. Avec une trentaine de personnes en tout, Nagra « Audio » est aujourd’hui une petite entité qui produit d’une part quatre modèles d’enregistreurs portables hautes performances et d’autre part une petite gamme d’éléments haute-fidélité d’exception, conçus par le même bureau d’étude, et réalisés grâce à la même chaîne de production.


30 personnes travaillent aujourd'hui à la conception et la fabrication des enregistreurs numériques et des appareils de la gamme Haute Fidélité.
Une petite unité de production aux locaux lumineux, qui tranchent avec les usines des grands constructeurs généralistes de l'audio grand-public



N’allez pas croire pour autant que cette petite usine, qui flirte délicieusement avec l’artisanat, ne bénéficie pas des moyens de ses ambitions. Comme en témoigne la délicate finition des lecteurs CD, des préamplis et des amplis de la marque, on s’en remet par exemple à des fraiseuses numériques de précision pour usiner sur place les boîtiers en aluminium massif. Une technologie moderne que l’on retrouve également au service de la conception des circuits et dans leur mise en œuvre, que ce soit en termes de routage des pistes sur les circuits imprimés ou de la sélection hyper-rigoureuse des composants électroniques. Il s'agit notamment de faire face aux problèmes posés par le regroupement des fabricants de composants qui n'hésitent pas à simplifier leurs gammes, quitte à proposer un produit différent sous la même référence. Difficile dans ces conditions d'assurer la continuité des performances de petites séries de 2, 3 ou 400 appareils sur la durée, lorsque l'on commande par lots de 20 ou 30 pièces là où un constructeur généraliste comme Panasonic commande ses composants par lot de 20, 30 ou 50 000 unités, avant de passer à un nouvel appareil. Pour s'affranchir de ces problèmes, le constructeur n'hésite pas à fabriquer tout ce qu'il peut en interne, tout en appliquant un contrôle sévère de toutes les pièces détachées et composants venus de l'extérieur.


Fabrication : une démarche qualitative sans compromis



Comme vous pouvez le voir dans le diaporama ci-dessus, Nagra est loin de l’industrie lourde. Que ce soit au niveau du bureau d’étude, qui délivre un nouveau modèle quand il estime être au point ou au niveau de la fabrication, comme en témoigne le bobinage manuel des petits transformateurs d’entrée, la marque reste avant tout attaché à la qualité irréprochable des produits qu’elle propose aux passionnés de musique. Une démarche que l'on retrouve également dans la méthode de contrôle " à l'oreille " qui valide le processus de fabrication. Une mission délicate confiée à Guy, qui fait partie de la maison depuis plus de 40 ans. Plus de 65000 appareils sont ainsi passés devant ses oreilles depuis son arrivée !


Vérification: un contrôle final à l'oreille pour tous les appareils


La marque reste très attachée aux racines de son activité : l'enregistrement musical.
C'est donc tout naturellement qu'elle s’est associée au Festival de Montreux, dont elle enregistre tous les ans les concerts en exclusivité, se constituant du même coup une collections de masters de référence assez impressionnante. Cette démarche, on la retrouve également au niveau de la gamme audiophile. Le constructeur a bien compris ce que son expérience de l'enregistrement professionnel pouvait apporter au monde la Haute Fidélité d'exception. Si au départ de l'aventure hifi le constructeur ne disposait que d'un petit auditorium, il est aujourd'hui en train de s'équiper d'un outil plus à même de valider les qualités musicales de ses produits.


L’auditorium "Haute Fidélité" de l'usine Nagra n’est pas encore tout à fait terminé, mais il permet déjà aux ingénieurs de se faire une idée du potentiel musical de leurs créations. Pour valider leur démarche, ils disposent déjà d'une monstrueuse paire de Verity Audio Lohengrin offrant un rendement confortable de 95 dB, ainsi que d'une paire de Wilson Audio Watt 8, plus difficile à faire fonctionner




Chez Nagra, ô combien familier de l'enregistrement professionnel, la fiabilité n'est pas un vain mot. Une démarche qui conduit les ingénieurs du bureau d'étude à créer de drôles de machines, à l'image de ce banc de torture destiné à tester la résistance des soudures, soumises ici à une contrainte vibratoire importante



Finalement, en visitant cette usine hors du commun et en rencontrant les personnes qui conçoivent et fabriquent les produits Nagra, on prend surtout un bon coup de fraîcheur dans les oreilles ! Inspiré par les Alpes, on est ici bien loin des décisions marketing prisent dans les grands groupes par des experts financiers qui considèrent un amplificateur au même rang qu’un téléphone mobile, pour retrouver l’esprit qui a présidé à la naissance même de la Haute Fidélité. A savoir, développer des équipements sans concession, dédiés au pur plaisir auditif, hors des contraintes propores aux marchés de masse. Et c’est certainement aussi bien ainsi !




Le commentaire de Christian Izorce :


Comme le disait notre ami ingénieur du son Philippe Tessier du Cros (sur cette photo), avec qui nous avons effectué cette visite :

« Ce que nous avons pu voir chez Nagra au cours de ces deux jours dépasse en tous points nos plus folles espérances ! ».

Car Nagra appartient à cette petite communauté de maisons d’exception dont les produits sont tout simple- ment hors norme. Le parallèle immédiat peut être tiré avec les meilleurs horlogers, suisses (!), qui produisent sans hâte des montres et complications sublimes sur lesquelles… le temps lui-même n’aura que peu de prise. Mais la comparaison vaut aussi avec les Leica, les Aston Martin, les grands couturiers ou parfumeurs français.


Quête d’absolu, affranchissement de toute contrainte, fabrication et fiabilité hors pair constituent le leitmotiv de Nagra depuis près de 60 ans. Conséquence directe : un produit Nagra a un prix, souvent très élevé, mais il a aussi une vraie valeur. Un prix qui ne se détermine d’ailleurs que lorsque les premières pré-series ont été réalisées. Mais qui ne se positionne pas a priori dans le cadre d’une stratégie marketing pré-ciblée. Notre passage chez Nagra confirme donc ce que nous supposions déjà : l’amateur averti qui choisit cette marque le fait par pure passion, par amour pour les beaux objets, par fascination pour l’excellence. Il peut en attendre un niveau de fiabilité maximum, des performances absolument constantes dans le temps.


Nous tenons à remercier chaleureusement toute l'équipe de Nagra Audio, et plus particulièrement Matthieu Latour, pour leur accueil et le temps qu'ils ont bien voulu nous consacrer pour nous faire découvrir l'envers du décor.















© 2008 - Ecouter Voir : info@evmag.fr - Infos légales - Plan du site - Réalisation : www.intramedia.fr